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Centrafrique : Charles Massi jeté dans l’oubliette



Le sort réservé à Charles Massi ne surprend guère. Capturé au Sud du Tchad et transféré à Bangui, le colonel en disgrâce est très contesté par presque tous les Centrafricains qui ne comprennent pourquoi un officier de cette catégorie a-t-il décidé de passer dans la rébellion avec armes et bagages.

Le régime de Bangui refuse de se prononcer sur cette question, se préoccupant d’autres problèmes, notamment la mise en œuvre du programme de Désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) des ex-combattants. Bien d’autres questions cruciales font la Une des journaux mais le cas Massi est souvent évoqué par les journalistes que lorsque ceux-ci voudraient déplorer un mauvais exemple qui terni l’image des officiers des Forces armées centrafricaines (FACA).

Pour beaucoup et c’est vrai, Charles Massi est le prototype de ces officiers qui pensent toujours brandir les armes pour se frayer un chemin au sein de la société politique nationale. Charles Massi, faut-il le souligner, a crée un parti politique, le Forum pour la démocratie et la modernité (FODEM). Il a pris part aux élections de 2005, scrutin à l’issue duquel il est élu député de la sous préfecture de Baboua.

Massi a volontairement accepté de conclure une alliance avec le chef de l’Etat le général François Bozizé. Ce jeu politique lui a valu de nombreux postes ministériels. Limogé à la tête du ministère du développement rural, Massi qui ne jure que par la recherche des postes juteux n’a pas gobé la décision du chef de l’Etat.

Charles Massi change de camp et devient subitement rebelle. Au grand dam de ses compagnons de lutte du FODEM, mis devant un fait accompli. Massi a poussé l’extravagance au point de refuser de prendre part au Dialogue politique inclusif (DPI). Et ce n’est pas tout, l’homme et sa rébellion, la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP) ont mené des attaques contre les positions des FACA. Mais comme Dieu a toujours protégé les Centrafricains, Massi sera appréhendé au Sud du Tchad. Le voilà dans les mails du pouvoir de Bangui.

Lâché par tous, même par les organisations de la défense des droits de l’homme, le tristement célèbre Charles Massi est désormais dos au mur.

Dimanche 31 Janvier 2010
La Plume
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