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Bozizé lauréat du CIO ou la désillusion du centrafricano-pessimisme

Le général Bozizé est élu lauréat du Comité international olympique (CIO) 2009. Le trophée lui sera remis le 14 janvier prochain à Bangui. Cette réalité lève le voile sur un mal centrafricain, notamment celui de la phobie de l’estime de soi.



Bozizé lauréat du CIO ou la désillusion du centrafricano-pessimisme
Le CIO a décidé de récompenser le président de la République centrafricaine pour ses efforts en matière de promotion du sport dans son pays. Bien évidemment, si la République centrafricaine qui n’a jamais accédé à un sacre quelconque dans le domaine du football a pu remporter haut la main la 6è édition de la coupe CEMAC avec l’appui du président de la fédé Edouard Patrice Ngaissona et son staff , cela suppose bien un travail transversal tant au niveau de la volonté politique, de la gestion technique et de la mobilisation des ressources maigres soient-elles, en faveur de ce secteur.

La deuxième place occupée par les fauves de hand bal, la coupe UNIFAC remportée par les fauves cadets et la 6è place occupée par les fauves de basket-ball en dépit de la précarité des moyens, l’exploit des fauves handicapés, la médaille de bronze décrochée par la fédération centrafricaine de boxe il y a quelques mois, sont autant de facteurs qui justifient cette prime. Qu’à cela ne tienne, il faut du bon sens, de la lucidité et de la sobriété politique pour reconnaître ces mérites.

Un centrafricano- pessimisme teigneux

L’un des maux qui rongent la République centrafricaine et tétanisent l’engouement des fils et filles du pays à pouvoir libérer leurs énergies pour la construction de ce pays est le manque de confiance en soi. Le « Yes we can » professé par Barack Obama, le président américain n’est pas centrafricain. Le centrafricain a de moins en moins confiance en ses dirigeants, ses institutions, les spécificités nationales au point de s’engluer dans un exotisme aberrant et aliénant. Cette illusion empêche la construction d’un modèle centrafricain de développement, car le centrafricain artificiellement porté vers les valeurs importées. Il n’y a donc pas d’élan d’autodestruction aussi corrosif que cet attrait négativiste de reniement de tout ce qui appartient à soi, à son existence propre et à son devenir. Ce dédain stéréotypé et irréfléchi pour les œuvres d’intérêt national est le sentiment incivique qui tue l’amour de la patrie toute en préparant la racaille fatale imprescriptible pour le progrès. Il va de soi que si les consciences individuelles ne se greffent pas à un idéal national, le sens profond de la nation se trouve en cela sclérosé et il ne saurait avoir d’émules lorsqu’il s’agit pour ce pays de tenter une référence dans le concert des nations surtout à cette ère de la globalisation.

Une désillusion pédagogique


La désignation du général François Bozizé comme lauréat du CIO donne à réfléchir. Si les marchands du centrafricano-pessimisme pourraient en tirer la leçon sous-jacente. Voilà un regard institutionnel extérieur qui vient dépoussiérer des efforts qui se font qui se font, par des Centrafricains pour la bonne cause nationale, mais dans l’indifférence quasi cynique des centrafricains eux-mêmes au point de décourager des initiatives aussi nobles que la politique du sport.

Ce n’est pas la première fois que la communauté internationale donne une lecture contraire à celle de l’opinion nationale qui n’annonce que l’apocalypse. La diabolisation et la dramatisation des réalités nationales est le propre des centrafricains à telle enseigne que l’ennemi de la République centrafricaine n’est rien d’autre que le fruit de ses propres entrailles.

Le chantier du redressement économique engagé par le gouvernement, mais traité du nom de tout les oiseaux, a été valablement approuvé par les différentes missions d’évaluation des institutions de Bretton Woods dans le cadre des Facilitations pour la réduction de la pauvreté et la croissance (FRPC) ayant donné lieu à l’éligibilité du pays au point de décision de l’Initiative en faveur des Pays pauvres très endettés (PPTE) puis au point d’achèvement en passant par l’annulation de la dette de la RCA par le club de Paris.

Alors, les centrafricains doivent-ils attendre que l’extérieur note d’abord ce qui se fait sous leurs yeux avant d’en savourer la portée ou doivent-ils naturellement être fiers de leur pays et d’en vanter le mérite ?

Dimanche 31 Janvier 2010
Aristote Kobrengai
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